28 novembre 2009
visite de Toyota
Jeudi j'ai visité Toyota avec NUCB.
Nous n'avions pas le droit de prendre de photos mais on nous a donné un petit dépliant de présentation.
C'était émouvant de découvrir enfin le toyotisme dont j'ai entendu parler toute mes années de collège et lycée...
Un petit rappel de cette organisation du travail :
Après leur défaite face aux Américains au cours de la seconde guerre mondiale, les Japonais doivent relancer leur économie. Il faut rattraper les Américains au plan de la production sinon risquer de disparaître.
L'un de ses ingénieurs de Toyota, Taiichi Ohno, met alors au point un système de gestion de l'entreprise simple mais efficace : les 5 zéros ... 0 stock + 0 défaut + 0 papier + 0 panne + 0 délai
Un tel système d'organisation permet un décloisonnement des fonctions et des responsabilités; il allie efficacité de production à une certaine reconnaissance psychologique des travailleurs. On leur demande leur avis sur l'entreprise et ils se sentent donc plus importants.
Ce que j'ai vu :
La cadence est rapide, la chaine de production défile devant les travailleurs qui doivent à la fois verifier le travail qui a été effectué précedement et effectuer leur tache. Ils ont 10 minutes de pause toutes les 2h et 45min de pause à l'heure du dejeuner, 8h de travail par jour.
Tout est parfaitement propre, chaque chose est à sa place, tout va très vite, pas un milimètre n'est perdu.

Et le plus incroyable ce sont les robots. Ils sont hyper rapides...

Le robot du musée Toyota qui sait jouer de la trompette :

Les voitures :



La voiture du futur :

Toyota dans le monde :

24 novembre 2009
24-11-09 Port de Nagoya
Nous avons visité le port de Nagoya avec NUCB.

Le port de Nagoya a ouvert en 1907 et s'est développé depuis notamment avec l'industrie automobile et le développement de la region Chubu.


C'est l'un des principaux ports internationaux du Japon. Il occûpe des fonctions de distribution (teminal de containers), des fonctions industrielles ( pétrole, gaz, électricité, fer), des fonctions culturelles (aquarium, parcs,...) et des fonctions de prévention des désastres.
Nous avons pris un bateau très spacieux pour visiter le port :





la tour de contrôle






23 novembre 2009
Takayama du 20 au 22-11

Takayama est une ville de 68 000 habitants, au nord de Nagoya, dans le district de Hida. C'est l'une des rares villes qui a su garder son cachet traditionnel.
Il y a 2h30 de bus entre Nagoya et Takayama...mais on sent vite la difference de température !

My team :

Nous sommes arrivés vers midi et avons déjeuné dans un resto près de la gare.

C'est la fin de l'automne mais il y avait encore des arbres rouges flamboyants.
Nous avons déposé nos affaires avant de partir en excursion...


Comme vous pouvez le voir nous avons eu la chance de dormir dans un temple bouddhiste et pas à n'importe quel endroit ! nos "chambres" étaient de chaque côté du bouddha ! Il faisait hyper froid mais nous avions des couvertures chauffantes et une ambiance très spirituelle pour élever et rechauffer nos âmes...
Nous avons ensuite fait un petit tour de la ville...






Comme c'était hors saison il n'y avait vraiment pas beaucoup de monde et quasiment que des personnes agées.

Les petites rues étaient très jolies et nous avons pu admirer l'artisanat local :


Le sake !




La soupe miso

Puis petite balade à travers les temples et la montagne...

Le sol est parfaitement balayé
Un cimetière dans les bois :








Avec des offrandes, des gateaux, des cadeaux,...pour le bouddha

Il y avait plein de jolies petites boutiques et de cafés cosy...so french





Dans ce bar qui s'appelait "la neige" j'ai dit à la serveuse que je venais de Paris et elle était hyper émue ! Elle s'est retenue au meuble derrière elle pour ne pas tomber. Et elle nous a apporté un magazine japonais qui présentait Paris, plein de photos de montmartre et notre dame et de phrases clés pour survivre à Paris : "A quoi est ce gâteau s'il vous plaît"

qu'être utilisé donne à toi
so japanese ...





Le marché :







Le village folklorique de Hida :
une dizaine de maisons typiques au toit de chaume, démontées de leur site d'origine dans la région et reconstituées ici. Les maisons ont été construites grâce au bois des chataigniers. Les planches de bois sont incroyablement fines.








un champ de riz en forme de cercle : en l'honneur des dieux

Le boeuf est l'une des spécialités de Takayama


Le dernier jour nous avons passé la journée dans un onsen au nord des alpes japonaises

Les onsen sont des bains d'eau chaude minérale. La plupart du temps ils ne sont pas mixtes. On se baigne nu. L'eau est vraiment très chaude ce qui permet de se baigner dehors. C'est très relaxant.


Nous étions vraiment en plein montagne ! Il s'est même mis à neiger !!!
15 novembre 2009
15-11-09
14 novembre 2009
les cybercafés

les neto nanmin = les «réfugiés du Net"
D'après une étude gouvernementale réalisée en 2007, le Japon estime à plus de 5000 le nombre de «réfugiés des cybercafés», en majorité des jeunes qui, souvent trop démunis pour louer un appartement, élisent domicile en permanence dans des cybercafés ouverts 24 heures sur 24.
Sur les 5400 «réfugiés» des cybercafés, environ 80% sont des hommes, dont plus de la moitié a confié avoir élu domicile dans ces lieux après avoir perdu leur emploi, révèle cette étude menée auprès de 3000 cybercafés au Japon.
Omniprésents dans les villes de l'Archipel, les cybercafés sont souvent équipés non seulement d'ordinateurs reliés à l'internet mais aussi de sofas, de distributeurs de boissons et de stocks de bandes dessinées. On peut parfois y prendre des repas, et même des douches, et y acheter des sous-vêtements.
Le salaire mensuel moyen des «réfugiés» est de 113 000 yens (1033$ CA), soit le salaire minimum d'un employé tokyoïte travaillant 40 heures hebdomadaires. Un séjour de cinq heures dans un cybercafé de ce type à Tokyo coûte environ 3000 yens (27$ CA), un repas compris.
Pour le manager du cybercafé, les «réfugiés» ne représentent pas une nuisance, mais une clientèle somme toute normale. Les neto nanmin sont des gens discrets, ils viennent là pour dormir et évitent le contact. Outre le gîte, le café Internet leur fournit une adresse, indispensable pour les démarches administratives, une façon de ne pas disparaître complètement. Quant au travail temporaire, il est sans doute là pour longtemps. Toyota, le géant de l'automobile, a annoncé en septembre son intention d'engager 800 travailleurs intérimaires.
Ce phénomène illustre l'augmentation des écarts sociaux au Japon depuis la récession économique dans les années 1990 et le rejet de l'éthique du travail traditionnelle.
13 novembre 2009
13-11-09
Aujourd'hui je suis retournée au Aichi Museum voir une exposition de photos sur le Japon de 1945 à 1964 :
Photos de Tadahiko Hayashi


Photos de Shigeishi Nagano






Photos de Tomatsu Shômei
Tômatsu Shômei (1930 - ) a grandi pendant la période où le était en guerre et la propagande anti-émricaine à son apogée. Il avait dix ans au moment de l'occupation et quand une base américaine a été installée dans sa ville natale. La vie autour des bases américaines et les conséquences de l'explosion de la bombe A sur Nagazaki sont les deux sujets centraux de son oeuvre.

Le temps s'est arrêté à 11h02 ... une montre qui s'est arrêtée au moment où la bombe atomique est tombée sur Nagazaki le 9 août 1945. La photo a été prise en 1961.
Photos de Ihee Kimura
Kimura Ihee commença sa carrière de photographe dans les années 1920 en présentant des documentaires sur la vie quotidienne de la vieille ville de Tokyo. Il continua son travail après la guerre.
Les américains et les enfants japonais étaient le sujet le plus à la mode en 1945.


Enfants autour d'une kamishibai une photo, 1932
Satsueikai, ou photographes amateurs...cet art devint très populaire pendant la période d'après-guerre.



Photos de Yasuhiro Ishimoto

Photos de Eikoh Hosoe



12 novembre 2009
Le marché du travail, la pauvreté
Un marché du travail de plus en plus dual
Alors que le marché du travail japonais était traditionnellement fondé sur un modèle « d'emploi à vie », on observe depuis les années 1990 une forte poussée des contrats de travail précaires, dits « non réguliers », allant de pair avec la forte croissance du secteur des services, qui représente désormais près de deux tiers de l'emploi total.
Sont considérés comme contrats « réguliers » les contrats à durée indéterminée à temps plein. Ils couvraient 66,5 % des salariés en 2007.
Les contrats « non réguliers » représentaient, à la même date, 33,5 % de la population active salariée, contre 17,6 % seulement en 1987. Ce type de contrats recouvre les contrats à durée déterminée (5,8 % des salariés), le travail à temps partiel (15,9 % des salariés), les « petits boulots » (« arubaitô », 6,6 % des salariés), l'intérim (2,6 %) et d'autres formes d'emploi minoritaires (2,6 %).
Ces contrats « non réguliers » se caractérisent par une plus grande flexibilité (le préavis de 30 jours requis pour le licenciement d'un salarié ne s'applique pas) et par un coût moindre pour l'employeur. En effet, à travail égal, les employés « non réguliers » perçoivent en moyenne un revenu 30 % inférieur à celui de leurs homologues « réguliers ».
Les PME ont particulièrement recours à cette forme d'emploi, qui touche en priorité les jeunes (46,6 % des 15-24 ans sont couverts par un contrat de ce type), les seniors (67,3 % d'entre eux y ont recours) et les femmes (53,5 % d'entre elles sont embauchées sous contrat « non régulier », contre 18,3 % des hommes).
Source : UbiFrance/Mission économique de Tokyo, « Le marché du travail au Japon », fiche de synthèse, 19 mars 2008 ; Caroline Newhouse-Cohen (BNP Paribas), « Le marché du travail nippon », décembre 2008
Près d’un Japonais sur six vit sous le seuil de pauvreté
Selon une étude du ministère des Affaires sociales, 15,7% des Japonais disposaient en 2006 de moins de la moitié du revenu médian annuel de l’époque, soit moins de 1,14 million de yens (8.500 euros). En se basant sur le même critère, l’OCDE avait estimé que le Japon avait le quatrième taux de pauvreté le plus élevé de ses 30 pays membres, après le Mexique, la Turquie et les Etats-Unis, dans une étude datant de 2004. L’enquête japonaise publiée cette semaine confirme que l’archipel est l’un « des pires » membres de l’OCDE sur ce sujet, a déclaré le ministre des Affaires sociales Akira Nagatsuma. Le rapport de l’OCDE avait montré que la pauvreté au Japon frappait notamment 60% des familles monoparentales, un taux largement supérieur à tous les autres membres de l’organisation. Le nouveau gouvernement de centre-gauche, qui vient d’arriver au pouvoir après sa victoire aux élections législatives, a promis de réinstaurer une aide spécifique pour ces familles, des mères de familles vivant seules avec leurs enfants pour la plupart.
Souce : AFP
12-11-09
J'ai eu mon dernier exam en politique energétique aujourd'hui et j'aimerais partager avec vous ce que j'ai appris ici : )
J'ai eu un très bon prof :
Tatsu Masuda
Prof à NUCB mais aussi à l'Institute of Technology de Tokyo et à Paris-Dauphine. Il est en même temps conseille de JAPEX, l'une des plus grosse compagnie pétrolière au Japon. Il a été Vice Président de JNOC (Japan National Oil Corporation) de 2002 à 2005 et à la tête de APERC (Asia Pacific Energy Research Center). Il a travaillé pour l'IEA (basée à Paris) qui est l'International Energy Agency de 1996 à 2001en tant que directeur des marchés pétroliers.
Ce fut très intéressant d'étudier la politique énergétique du Japon car c'est le pays le plus efficient au Monde en la matière. De plus, il s'est produit un événement majeur en septembre : le nouveau premier ministre Hatoyama a déclaré lors d'un sommet des nations unies qu'il s'engageait d'ici 2020 à réduide de 25% les émissions de CO2 par rapport au niveau de 1990. Il a ajouté que cet engagement serait tenu à condition que les autres pays fassent eux même un effort mais bien sûre les media ont surtout retenu la première partie de la phrase : )

Voila un petit résumé de la politique énergétique du japon depuis 1945 :
Ce qu'il faut se rappeler c'est que le Japon est une île sur la laquelle il n'y a quasiment aucune ressouce énergétique. Le Japon importe 80% de ses ressources c'est pourquoi il doit lutter pour être très efficient.
Son but : acquérir une sécurité énergétique stable et en même temps assurer la protection de l'environnement et la croissance économique

1945-1951 : la reconstruction


- La priorité a été donnée au developpement du charbon et de l'acier pour permettre la reconstruction du pays.
- Les systemes d'énergie hydroliques ont été les seules sources d'énergie à ne pas être bombardés pendant la guerre
- L'importation de pétrole brut a été interdite par les américains en 1946 puis autorisée en 1949 ce qui a permis de mettre en place des rafineries de pétrole le long de la côte pacifique
1952-1961 : modernisation de l'industrie

- En 1952 le traité de Paix de San Francisco est signé, redonnant sa souverainté au Japon.
- C'est le début de la révolution énergétique au Japon : on passe du charbon au pétrole.
- En 1955 le gouvernement tente de rationaliser les mines de charbon et de fermer les moins efficientes : donnant lieu à des grèves.
- En 1955 : loi autorisant la préparation à l'energie atomique
- Le secteur du gaz de ville s'améliore peu à peu
1962-1972 : pollution !

- 1964 : Le Japon rejoint l'OCDE
- La demande d'énergie a augmenté plus vite que le PIB : pas assez efficient !
- Le pétrole est devenu la première source d'énergie : 3/4 en 1972
- Le Japon commence à diversifier ses sources d'énergie : première usine nucléaire en 1966 et développement de l'importation de gaz naturel (liquide)
1973-1985 : les chocs pétroliers et le passage à une plitique énergétique efficiente

- les chocs pétroliers ont permis au Japon de se réveiller et de se transformer.
- Une réponse rapide à été donnée aux chocs pétroliers : augmentation des réserves pétrolières + une restriction de 10% du pétrole et de l'électricité imposée + développement d'énergies alternatives = l'INNOVATION a joué un rôle majeur
1986-1996 : libéralisation du marché de l'énergie
1997-aujourd'hui : mondialisation du marché de l'énergie
- Le japonais ont peur du nucléaire : il y a 53 usines nucléaires au Japon, pour atteindre le but que Hatoyama a fixé pour le l'après- Protocole de Kyoto le Japon aurait tout intérêt à construire de nouvelles usines nucléaires qui émettent peu de Co2. Pourtant les Japonais ne sont pas très confiants : en effet en 1999 un accident nucléaire a eu lieu a Tokai Mura et en 2002 TEPCO, qui so'ccupe des centrales a falsifié certains de ses rapports créant ainsi un doute quand à la sureté nucléaire.
- vers 2005 des campagnes ont été lancées pour inciter à moins utiliser la clim et acheter des appareils électriques qui sont innovants et visent à utiliser moins d'énergies :

09 novembre 2009
9-11-09
Je reviens du supermarché et j'ai envie de vous montrer quelques trucs rigolo que j'ai achetés :

comme on peut le voir c'est du poisson pané avec une sauce blanche pour se faire des hamburgers au poisson : très sain

ici le fromage coute super cher : heureusement il y a ces carrés de fromage que l'on mangeait quand on étaient petits

ce sont des sortes de cacahuettes au wasabi

ca je n'ai pas encore gouté, ça a l'air très bon, ce sont des raviolis

le chocolat n'est pas super bon au Japon mais j'essaye quand même. Vous pouvez apprécier le packaging.

Les japonais mangent surtout du pain blanc comme ça. Les tranches sont énormes !

Il y a beaucoup de produits individuels. Ce sont des fruits en conserve pour une personne...je me méfie un peu car souvent ce sont plutot des bouts de gélatine en ptits cubes.

de la confiture

il y a beaucoup de shampoings et bain douche qui se vendent en recharges...cela doit être leur geste écologique...le seul domaine où ils ne se lachent pas sur le packaging : )

ça j' l'ai choisi car c'était rose : )
ça a l'air bon non?! c'est du lait aromatisé aux fruits

et du thon, il est délicieux
Bon appétit !
Et pour vous faire partager mon diner au resto samedi soir : quelques photos qui ne sont pas de moi...
C'était pour fêter notre dernier cours de leadership avec le prof :


ce plat s'appelle shabu shabu, c'est super bon : il y a des champignons, du boeuf, des nouilles, qui cuisent dans cette marmitte et on doit casser un oeuf cru, de servir de shabu shabu et le mélanger à l'oeuf
08 novembre 2009
Economie
Sur le site du sénat j'ai trouvé une étude qui a été faite en février 2009 sur la crise au Japon :
I. LE JAPON : UNE ÉCONOMIE FORTEMENT TOUCHÉE PAR LA CRISE
A. UN PAYS QUI PRÉSENTE CERTAINES FAIBLESSES
1. Le Japon doit faire face à un déclin démographique rapide
Selon les projections démographiques actuelles, la population japonaise, qui s'élevait à près de 127,8 millions d'habitants en 2007 pourrait être ramenée à 100 millions d'habitants à l'horizon 2050.
Cette évolution démographique résulte notamment de trois facteurs:
- une espérance de vie parmi les plus élevées au monde ( 85,6 ans pour les femmes et à 78,7 ans pour les hommes) (en France à 84,3 ans pour les femmes et à 77,5 ans pour les hommes )
- une faible natalité : on dénombrait ainsi 1,34 enfant par femme en moyenne au Japon en 2007, contre 2 enfants en France. Cette situation peut notamment s'expliquer par une politique familiale incomplète.
- une faible immigration, la population étrangère ne représentant que 1,3% de la population totale au 1er janvier 2009. A la mi-2004, l'Insee évaluait à 3,5 millions de personnes le nombre d'étrangers résidant en France, soit environ 5,7 % de la population.
Le vieillissement de la population japonaise intervient rapidement : les personnes âgées de plus de 65 ans représentent aujourd'hui 22 % de la population, contre 12 % seulement en 1990. Selon les données transmises par la mission économique, il aura fallu 24 ans au Japon pour que la population âgée de plus de 65 ans passe de 7 % à 14 % du total, contre 115 ans en France, et 12 ans pour qu'elle passe de 14 % à 20 % (entre 1994 et 2006), contre une projection de 41 ans en France (entre 1979 et 2020).
2. Son économie est dépendante du reste du monde
a) Le Japon, bientôt doublé par la Chine
Suivant les données communiquées à votre rapporteur général par la mission économique, le Japon reste la deuxième économie mondiale, avec un PIB de 4.840 milliards de dollars en 2008, contre 14.330 milliards de dollars pour les Etats-Unis.
La Chine se rapproche toutefois et les différentes personnes rencontrées à Tokyo ont fait part d'un plus grand dynamisme de ce pays par rapport au Japon.
Au demeurant, certaines statistiques placent déjà l'économie chinoise devant l'économie japonaise. Raisonnant en parité de pouvoir d'achat, la Banque mondiale fait apparaître la Chine en deuxième position en 2007, avec un PIB de 7 055 milliards de dollars, contre 13 811 milliards de dollars pour les Etats-Unis et 4 283 milliards de dollars pour le Japon.
En tout état de cause, la dynamique chinoise apparaît telle que ce pays est destiné à dépasser le Japon dans un proche avenir.
b) Une intégration croissante à l'économie asiatique
L'économie japonaise est fondée sur les exportations, désormais pour moitié destinées à l'Asie, ce qui traduit une intégration croissante à l'économie de cette zone. La Chine représente, à elle seule, 16 % des exportations du Japon.
La part des Etats-Unis dans les exportations japonaises diminue mais demeure élevée (17,5 %). En comparaison, l'ensemble de l'Europe représente 14 % des exportations japonaises.
A contrario, le Japon reste un pays assez fermé. Le stock des investissements directs étrangers ne représente que 3 % du PIB fin 2007 et ce pays n'était que le cinquième importateur mondial cette même année. Selon les données transmises par la mission économique à votre rapporteur général, les importations en provenance de pays membres de l'Union européenne, qui représentent près de 40 milliards d'euros, pourraient être doublées si le Japon était aussi ouvert que les autres pays de l'OCDE.
Ce pays consacre, par ailleurs, des dépenses importantes à la recherche-développement (3,6 % du PIB, contre 2,6 % aux Etats-Unis et 2,1 % en France ; on y dénombre 5,6 chercheurs pour 1 000 habitants, contre 4,7 aux Etats-Unis et 3,3 en France) et dispose d'un atout technologique (c'est le premier pays au monde en nombre de brevets déposés).
Il exporte ainsi trois fois plus de produits à contenu technologique qu'il n'en importe. Les industriels japonais se spécialisent également dans des « micro-niches » technologiques.
3. Le gouvernement est affaibli : Est ce que les réformes des HATOYAMA, le nouveau premier ministre, parviendront à sortir le Japon de la crise ?
Sur le plan politique, on constate une forte instabilité ministérielle depuis la fin du gouvernement dirigé par M. Junichiro Koizumi (2001-2006). Quatre Premier ministres se sont succédés depuis lors : M. Shinzo Abe n'est resté en fonction qu'un an (septembre 2006-septembre 2007), tout comme M. Yasuo Fukuda (septembre 2007-septembre 2008) et M. Taro Aso, (septembre 2008 - septembre 2009)
B. UNE CRISE ÉCONOMIQUE BRUTALE, SANS CRISE FINANCIÈRE
1. La crise des années 1990 a servi de contre-modèle
Le Japon, qui avait dû régler sa propre crise immobilière et bancaire dans les années 1990, a eu le sentiment d'être épargné par la crise des subprimes. En effet, les banques japonaises ont été assez peu exposées aux produits toxiques, du fait d'une gestion prudente du risque et d'une régulation étroite des marchés financiers par la Financial Services Agency (FSA).
Le Japon avait ainsi, au départ, tendance à donner des conseils au sein des instances internationales sur la manière dont il avait réglé sa propre crise durant les années 1990. Il reconnaissait avoir alors manqué de réactivité, n'abaissant le principal taux directeur de la banque centrale qu'au bout de trois ans de crise et prenant des mesures pour renflouer les banques seulement à la fin des années 1990.
Les autorités nippones ont donc invité leurs partenaires à prendre conscience de la rapidité et de l'ampleur des ajustements nécessaires. Le contre-exemple japonais des années 1990 a servi de référence constante lors de l'adoption des plans de sauvetage du système financier aux Etats-Unis et en Europe : la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis n'ont pas attendu pour renflouer leurs propres banques par des mesures de recapitalisation ou de rachat d'actifs toxiques.
2. L'entrée en récession a été brutale
a) Un très fort recul du PIB au quatrième trimestre 2008
Le Japon est toutefois entré en récession au troisième trimestre 2008, avec une brutalité qui a surpris, qui témoigne également de la croissance très « molle » connue par le Japon depuis le début des années 2000.
Selon le Fonds monétaire international (FMI), le PIB japonais reculerait de 6 % sur l'ensemble de l'année 2009 et connaîtrait une croissance de 1,7 % en 2010, ces données étant plus favorables que celles du consensus des économistes (respectivement - 6,2 % et + 1,4 %).
b) Un effondrement des exportations
Cette forte dégradation économique s'explique, notamment, par l'effondrement des exportations japonaises, en raison du ralentissement économique des principaux partenaires commerciaux, Chine et Etats-Unis en particulier.Outre le secteur automobile, celui des semi-conducteurs est également particulièrement affecté par la crise.
A contrario, on observe une meilleure résistance de la demande intérieure, qui a participé pour 54 % à la formation du PIB japonais en 2008.
La diminution des débouchés dans les pays partenaires du Japon s'est trouvée encore aggravée par la forte et récente remontée du yen.
c) Une économie pénalisée par la forte remontée du yen
Après un déclin du yen par rapport à l'euro depuis 2001, on observe en effet une remontée brutale à partir de la mi-2008. Cette croissance se retrouve aussi, quoique dans une moindre mesure, par rapport au dollar.
d) Une croissance du chômage, qui frappe en priorité les travailleurs « non réguliers »
Le Japon, qui avait cru échapper à la crise financière, se retrouve donc confronté à une sévère crise économique, qui se traduit par une hausse des faillites et une croissance du chômage.
Le nombre de faillites aurait ainsi augmenté de 21 %, en glissement annuel, au cours du mois de février 2009, et dépasse, pour le neuvième mois consécutif, les 1 000 cas mensuels.
Fin mars 2009, le ministère du Travail estime que 192 000 emplois avaient été ou seraient supprimés entre octobre 2008 et juin 2009, ce chiffre étant constamment revu à la hausse. La Japan Manufacturing Outsourcing Association évoque, de son côté, le chiffre de 400 000 suppressions d'emplois.
Le taux de chômage, qui s'établissait à 4 % en 2008, a fortement progressé pour atteindre 5,2 % en mai 2009. Selon le consensus des économistes, il pourrait atteindre 5,1% en 2009 et 5,6% en 2010, ce qui est élevé pour le Japon.
Les employés dits « non réguliers » (CDD, temps partiel, intérim...), qui représentent un tiers de la population active salariée, sont les premiers touchés par cette situation.
Par ailleurs, l'évolution du taux de chômage n'apparaît pas totalement représentative, pour au moins deux raisons:
- d'une part, les chômeurs les moins qualifiés semblent se retirer d'eux-mêmes du marché du travail, considérant qu'ils ont peu d'opportunités de trouver un emploi dans un pays où les jeunes diplômés constituent les recrutements prioritaires des entreprises. Ces retraits spontanés, qui concernent notamment les femmes, permettent de lisser les chiffres du chômage ;
- d'autre part, la flexibilité du système de rémunération des employés « réguliers » limite aussi les suppressions d'emploi, grâce à la baisse des bonus, qui représentent en moyenne 20 % de la rémunération annuelle d'un salarié (contre 27 % en 1990).
Outre le recours aux travailleurs « non réguliers », la baisse des bonus constitue ainsi l'un des principaux leviers, avec la diminution des heures supplémentaires traditionnellement élevées, utilisé par les entreprises japonaises afin de réduire leur masse salariale.
3. Les banques sont confrontées à une baisse de leur ratio de solvabilité
Les banques japonaises, quoique détenant moins d'actifs toxiques que leurs homologues occidentales, ont également été touchées par la crise.
Les six principales banques japonaises ont ainsi enregistré une très forte dégradation de leurs résultats.
Cette situation pénalise les entreprises, en rendant plus difficile l'accès au crédit. Les PME seraient les premières touchées et éprouveraient de plus en plus de difficultés à se financer. De leur côté, les banquiers ont indiqué que les grands groupes avaient encore la possibilité de se financer sans faire appel aux banques, en raison de la trésorerie accumulée ces dernières années et du rôle des grands conglomérats. Ils ont toutefois estimé que certains d'entre eux pourraient disparaître, en particulier dans le secteur de l'électronique, du fait de la remontée du yen.
II. LES RÉPONSES APPORTÉES À LA CRISE ÉCONOMIQUE ET LES PERSPECTIVES
A. DES MESURES ONT ÉTÉ PRISES PAR LA BANQUE DU JAPON ET LE GOUVERNEMENT POUR FAIRE FACE À LA CRISE
1. La Banque du Japon a assoupli sa politique monétaire et développé de nouvelles voies de refinancement
Face à cette situation, la Banque du Japon (BoJ) a assoupli sa politique monétaire et recherche de nouvelles voies pour faciliter le refinancement des institutions financières.
Son principal taux directeur a ainsi été ramené de 0,5 % à 0,3 %, puis à 0,1 %, les 31 octobre et 19 décembre 2008. Cette mesure n'a cependant eu qu'un impact limité sur l'économie réelle, en raison du caractère déjà extrêmement accommodant de la politique monétaire. La Banque du Japon envisage donc d'autres voies et met en oeuvre, à titre temporaire, une série de mesures destinées à rendre plus souples les opérations de refinancement des banques sur le marché monétaire et, indirectement, à faciliter le financement des entreprises.
2. Le gouvernement a mis en place un premier plan de relance de 75.000 milliards de yens (564 milliards d'euros) (info datant de février 2009...)
Ces mesures sont, pour l'essentiel, des mesures financières, les mesures budgétaires ne représentant que 16% du total du plan.
Dans ce contexte, le budget 2009 est le plus élevé de l'histoire du Japon, avec des dépenses en hausse de 6,6% par rapport à celles de l'exercice 2008-2009.a) Les mesures financières : 84 % du total
Les mesures « financières », qui représentent 84% du montant total du plan, comprennent deux volets, l'un consacré au financement des entreprises, l'autre destiné à soutenir le système financier.
B. LE JAPON DEVRAIT SORTIR DE LA CRISE AVEC DES FINANCES PUBLIQUES TRÈS DÉGRADÉES MAIS CONSERVE CERTAINS ATOUTS
1. Les finances publiques, déjà dégradées, sont mises à mal par la crise
a) Le déficit et la dette sont d'ores et déjà importants
Le Japon devrait donc sortir de cette crise économique avec des finances publiques très dégradées.
En effet, la dette publique brute du Japon, évaluée à 173 % du PIB fin 2008, devrait croître encore pour atteindre 181 % du PIB au 31 mars 2010, et ce sans tenir compte des mesures annoncées dans le nouveau plan de relance du gouvernement. Eu égard à son importance, la charge de la dette reste toutefois modérée, puisqu'elle ne représente que 23 % des dépenses de l'Etat en 2009.
b) Le vieillissement de la population se traduit par une augmentation des dépenses sociales
On relèvera également que, au-delà de la crise économique actuelle, l'évolution démographique du Japon pèse particulièrement sur les comptes sociaux. Les dépenses de santé ont ainsi crû à un rythme annuel de 3 % en moyenne depuis 1990 et s'élevaient à 33 400 milliards de yens au cours de l'exercice budgétaire 2007, soit environ 251 milliards d'euros.
2. Le Japon conserve certains atouts mais paraît condamné à accroître sa fiscalité
a) Mettre fin à « l'inertie fiscale » pour faire face au déséquilibre des finances publiques
Les mesures adoptées ces dernières années par les gouvernements successifs se sont traduites par un report d'une part croissante des dépenses de sécurité sociale sur les ménages (introduction d'un ticket modérateur, augmentation des cotisations).
b) Une sortie de crise qui dépend d'abord de la Chine et des Etats-Unis
S'agissant plus spécifiquement de la sortie de la crise économique, celle-ci paraît dépendre en priorité de l'évolution de la demande intérieure chinoise et du rebond de l'économie américaine.
BILAN
S'il sortira de cette crise affaibli sur le plan des finances publiques, le Japon conserve de réels atouts, qu'il ne faut pas négliger.
Deux éléments principaux ressortent : ses capacités de recherche, précédemment analysées, mais également le consensus social qui règne dans les entreprises. Les syndicats se placent, en effet, dans une logique de coopération avec la direction des entreprises. Par ailleurs, il semble que les salariés témoignent un attachement fort à leur compagnie et acceptent, plus facilement qu'ailleurs, une dégradation de leurs conditions de travail, contre la promesse d'un emploi de long terme et d'une progression de salaire en fonction de l'ancienneté.
On peut toutefois s'interroger sur la pérennité de ce consensus social, compte tenu de la dualité croissante du marché du travail.
De même, les banquiers rencontrés au Japon se sont interrogés sur l'évolution du modèle japonais, estimant que l'importance du consensus dans la prise de décisions a fait prévaloir le statu quo sur les réformes structurelles.